Guide · Réglementation

Comment vérifier qu’une société de sécurité privée est en règle : CNAPS, URSSAF, assurance

Dans la sécurité privée, le client d’un prestataire en infraction n’est pas un spectateur : il peut être tenu solidairement responsable. Cinq vérifications, dix minutes, et le sujet est réglé.

Par LG Sécurité Publié le Lecture 6 min
Dossier administratif ouvert sur un bureau en bois avec un tampon, une carte professionnelle vierge et des lunettes

L'essentiel

Cinq vérifications suffisent : (1) l’entreprise détient une autorisation d’exercice délivrée par le CNAPS, dont le numéro figure sur ses devis et factures ; (2) chaque agent détient une carte professionnelle en cours de validité, vérifiable en ligne sur le téléservice du CNAPS ; (3) l’entreprise vous remet une attestation de vigilance URSSAF de moins de six mois, obligatoire dès 5 000 € HT de prestations ; (4) elle est couverte par une assurance responsabilité civile professionnelle ; (5) son devis détaille les agents, leurs qualifications, les horaires et les majorations. Un prestataire qui hésite sur l’un de ces points vous a déjà répondu.

Sommaire8 sections
  1. Pourquoi c’est votre problème, pas seulement le sien
  2. 1. L’autorisation d’exercice de l’entreprise
  3. 2. La carte professionnelle de chaque agent
  4. 3. L’attestation de vigilance URSSAF
  5. 4. L’assurance responsabilité civile professionnelle
  6. 5. Un devis qui dit ce que vous achetez
  7. Les signaux d’alerte
  8. La check-list à conserver au dossier
  9. Questions fréquentes

Pourquoi c’est votre problème, pas seulement le sien

Trois raisons. La première est financière : en cas de travail dissimulé chez votre prestataire, le donneur d’ordre qui n’a pas rempli son obligation de vigilance peut être tenu solidairement responsable du paiement des cotisations, impôts et rémunérations dus (articles L.8222-1 et suivants du Code du travail). La deuxième est assurantielle : un incident géré par un agent sans carte professionnelle, ou par une entreprise sans autorisation, est le type de situation où un assureur cherche — et trouve — une raison de ne pas indemniser. La troisième tient à l’activité elle-même : un agent non formé est précisément celui qui outrepasse ses droits, et c’est alors chez vous que cela se passe.

1. L’autorisation d’exercice de l’entreprise

Aucune entreprise ne peut exercer une activité privée de sécurité sans une autorisation d’exercice délivrée par le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), établissement public placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Son numéro doit figurer sur tous les documents de l’entreprise — devis, contrats, factures, correspondance — accompagné de la mention prévue à l’article L.612-14 du Code de la sécurité intérieure, rappelant que cette autorisation ne confère aucune prérogative de puissance publique.

Comment vérifier : demandez une copie de l’autorisation, contrôlez que le numéro figure sur le devis, et que la raison sociale correspond exactement au SIREN de l’entreprise qui vous facture. Le dirigeant doit lui-même détenir un agrément du CNAPS. Un numéro d’autorisation qui appartient à une autre société, ou une société créée récemment qui présente l’autorisation d’un « partenaire », doivent vous alerter.

2. La carte professionnelle de chaque agent

Tout agent exerçant une activité de surveillance ou de gardiennage doit détenir une carte professionnelle délivrée par le CNAPS (article L.612-20 du Code de la sécurité intérieure). Elle est valable cinq ans, porte les mentions correspondant aux activités autorisées (surveillance humaine, agent cynophile, etc.) et n’est obtenue qu’après une formation certifiée et une enquête administrative. Son renouvellement exige un stage de maintien et d’actualisation des compétences.

Comment vérifier : le CNAPS met à disposition un téléservice public de consultation qui indique, à partir du numéro de carte, si celle-ci est valide. Vous pouvez demander avant la mission la liste nominative des agents et leurs numéros de carte, et contrôler sur place que chaque agent porte sa carte. Un prestataire sérieux vérifie lui-même la validité des cartes avant chaque prise de poste, et vous le dit.

3. L’attestation de vigilance URSSAF

Pour toute prestation d’au moins 5 000 € HT — montant apprécié sur l’ensemble de l’opération, même fractionnée en plusieurs factures —, le donneur d’ordre doit obtenir de son cocontractant, à la signature puis tous les six mois jusqu’à la fin de la prestation, une attestation de vigilance délivrée par l’URSSAF. Elle certifie que l’entreprise est à jour de ses déclarations et paiements sociaux, et mentionne le nombre de salariés et la masse salariale déclarés.

Comment vérifier : l’attestation comporte un code de sécurité qui permet d’en contrôler l’authenticité sur le site de l’URSSAF. Vérifiez la date (moins de six mois), la raison sociale et le SIREN. Complétez par un extrait d’immatriculation de moins de trois mois. Pour les prestations inférieures à 5 000 € HT, la loi ne l’impose pas, mais rien n’interdit de la demander — et un prestataire en règle la fournit sans difficulté.

4. L’assurance responsabilité civile professionnelle

La loi impose aux entreprises de sécurité privée de justifier d’une assurance couvrant leur responsabilité civile professionnelle. Demandez l’attestation en cours de validité et lisez-la : période couverte, activités garanties (surveillance humaine, événementiel, cynophile…), montants de garantie par sinistre. Une attestation expirée, ou qui ne couvre pas l’activité commandée, équivaut à une absence d’assurance.

5. Un devis qui dit ce que vous achetez

Un devis sérieux permet de savoir précisément ce que vous payez. Il indique :

  • le nombre d’agents par poste et par créneau, et leur qualification (agent de sécurité, SSIAP, cynophile, chef de poste) ;
  • les horaires réels de présence, poste par poste, et le volume d’heures-agent ;
  • le taux horaire par qualification et les majorations appliquées (nuit, dimanche, jours fériés), identifiées séparément ;
  • les frais de déplacement, d’hébergement ou de matériel s’il y en a ;
  • ce qui est inclus sans supplément : repérage, consignes écrites, briefing, main courante, compte rendu ;
  • le numéro d’autorisation d’exercice, le SIREN, la mention de l’article L.612-14, les conditions d’annulation.

Un montant global « tout compris » sans ventilation ne permet ni de comparer, ni de contester. Notre page tarifs détaille ce qui fait varier un devis.

Les signaux d’alerte

  • Un prix anormalement bas. Le coût d’un agent est presque intégralement du salaire chargé ; un écart important s’explique rarement par une meilleure organisation.
  • Le paiement en espèces, ou la facture établie par une autre entité que celle qui a signé le devis.
  • Des agents qui ne portent pas leur carte, ou qui « l’ont oubliée ».
  • Le refus, ou le délai, pour fournir les documents : autorisation, attestation de vigilance, assurance.
  • La sous-traitance en cascade. La loi encadre désormais strictement la sous-traitance dans la sécurité privée et impose que le client en soit informé ; vous devez savoir quelle entreprise emploie réellement les agents présents chez vous.

La check-list à conserver au dossier

  1. Copie de l’autorisation d’exercice CNAPS de l’entreprise.
  2. Extrait d’immatriculation de moins de trois mois.
  3. Attestation de vigilance URSSAF de moins de six mois (renouvelée tous les six mois si la prestation dure).
  4. Attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle en cours.
  5. Devis signé et détaillé, contrat ou bon de commande.
  6. Liste nominative des agents affectés, avec numéros de carte professionnelle, vérifiés sur le téléservice du CNAPS.
  7. Fiche de consignes validée et, après la mission, main courante et compte rendu.

C’est exactement le dossier que nous remettons à nos clients sans qu’ils aient à le demander. Si un prestataire hésite à le constituer, vous avez votre réponse.

Sources et textes de référence

Rédigé par l'équipe LG Sécurité

Société de sécurité privée à Chalon-sur-Saône, sous la responsabilité de Richard Le Goff, président. Ce guide est informatif et ne remplace pas une étude de votre situation : décrivez-nous votre besoin, nous vous répondons sous 24 h ouvrées.

Qui sommes-nous

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande après ce guide.

Des réponses courtes, à lire avant de nous appeler. Si la vôtre n'y est pas, posez-la nous : nous répondons sous 24 h ouvrées.

Comment vérifier une carte professionnelle en ligne ?

Le CNAPS propose un téléservice public de consultation des titres : en saisissant le numéro de la carte professionnelle, vous obtenez en temps réel son statut (valide, expirée, retirée). Demandez les numéros avant la mission et vérifiez-les ; cela prend une minute par agent.

Un auto-entrepreneur peut-il vendre des prestations de sécurité ?

Seulement s’il détient lui-même une autorisation d’exercice délivrée par le CNAPS en tant qu’entreprise, un agrément de dirigeant et une carte professionnelle. C’est rare, et cela ne le dispense d’aucune des vérifications ci-dessus. Un agent salarié qui « fait des extras » en direct exerce illégalement et vous expose.

Que faire si je découvre un agent sans carte pendant la mission ?

Exigez son remplacement immédiat par le chef de poste ou le prestataire, notez l’incident par écrit, et conservez la preuve. Un agent sans carte ne doit pas tenir un poste, même une heure : en cas d’incident, c’est aussi votre responsabilité qui serait recherchée.

L’attestation de vigilance est-elle obligatoire pour un mariage ou une petite mission ?

L’obligation de vigilance s’applique à partir de 5 000 € HT de prestations avec le même prestataire. En dessous, elle n’est pas obligatoire, mais elle reste le moyen le plus simple de s’assurer que les agents sont déclarés. Nous la fournissons quel que soit le montant.

Le numéro d’autorisation CNAPS doit-il figurer sur le devis ?

Oui. Le Code de la sécurité intérieure impose que le numéro d’autorisation et la mention de l’article L.612-14 figurent sur tous les documents de l’entreprise. Leur absence sur un devis ou une facture est déjà un manquement.

Devis gratuit

Votre situation, chiffrée sous 24 h.

Décrivez le lieu, la date, l'effectif attendu et ce qu'il y a à protéger. Vous recevez un devis détaillé, gratuit et sans engagement.

Réponse sous 24 h ouvréesPlus vite pour les demandes signalées comme urgentes.

Agents cartés CNAPSCarte professionnelle contrôlée avant chaque prise de poste.

Justificatifs fournisAutorisation d'exercice, assurance RC pro, attestation de vigilance URSSAF.

Décrivez votre besoin en deux minutes.

Trois questions, un devis détaillé sous 24 h ouvrées. Vous parlez ensuite au dirigeant, pas à une plateforme.

  • Gratuit
  • Sans engagement
  • Réponse sous 24 h

Votre devis gratuitTrois étapes, deux minutes. Réponse sous 24 h ouvrées.

1. Votre besoin
De quoi s'agit-il ?
Deux minutes suffisent. Gratuit et sans engagement.
2. Le contexte

3. Vos coordonnées

Gratuit et sans engagement · Réponse sous 24 h ouvrées

Agents cartés CNAPS Personnel déclaré & assuré Données jamais revendues

Agents cartés CNAPS · personnel déclaré et assuré · réponse sous 24 h ouvrées.

Demander un devis gratuit Être rappelé

Être rappeléSouvent le jour même, toujours sous 24 h ouvrées

Laissez-nous votre numéro et le type de besoin. Un interlocuteur qui connaît le terrain vous rappelle — pas un standard.

Vos coordonnées servent uniquement à répondre à votre demande. En savoir plus.