Guide · Commerce

Démarque inconnue : ce qu’un agent de sécurité change vraiment en magasin

Un portique antivol ne dissuade que ceux qui ne savent pas le contourner. La démarque se règle avec quelqu’un qui connaît le magasin, sait où se déplacent les produits sensibles, et se montre au bon moment.

Par LG Sécurité Publié le Lecture 5 min
Ligne de caisses d’un supermarché vue depuis la sortie, un agent de sécurité vu de dos posté en arrière-caisse entre les portiques antivol

L'essentiel

La démarque inconnue — l’écart entre le stock théorique et le stock réel — se situe couramment entre 1 et 2 % du chiffre d’affaires, dont une large part provient du vol à l’étalage et du vol interne. Un agent de sécurité agit d’abord par la dissuasion : présence visible à l’entrée et en arrière-caisse sur les créneaux à risque, rondes sur les rayons sensibles, appui aux équipes. Il n’a ni pouvoir de fouille ni pouvoir d’interpellation en dehors du flagrant délit ; sa valeur se mesure à la baisse du taux de démarque, pas au nombre d’interpellations.

Sommaire7 sections
  1. D’où vient la démarque
  2. Où et quand ça se passe
  3. Ce que fait concrètement un agent en magasin
  4. Dimensionner par créneaux, pas en heures pleines
  5. Le cadre légal, sans approximation
  6. Mesurer le résultat
  7. Protéger les équipes, pas seulement la marchandise
  8. Questions fréquentes

D’où vient la démarque

Les études du secteur attribuent la démarque inconnue, dans des proportions qui varient selon les formats, à quatre sources : le vol à l’étalage par les clients (souvent la première cause), le vol interne par des salariés ou des prestataires, les erreurs administratives (réceptions, étiquetage, inventaire, casse non enregistrée) et la fraude fournisseur. Un agent de sécurité agit surtout sur les deux premières ; il révèle souvent la troisième, parce qu’un contrôle régulier des réserves et des livraisons fait remonter des écarts qui n’ont rien à voir avec le vol.

Ce qui compte pour vous, c’est votre taux de démarque par rayon. Si vous en disposez, il oriente immédiatement le dispositif. Sinon, quelques semaines d’observation et d’inventaires tournants donnent la même information.

Où et quand ça se passe

  • Les rayons à forte valeur au volume : spiritueux, parfumerie, rasoirs, petite électronique, électroportatif, viande et fromages à la coupe, textile de marque.
  • Les angles morts : cabines d’essayage, allées non visibles depuis les caisses, réserves accessibles depuis la surface de vente, sorties secondaires.
  • Les créneaux : fins de journée, samedis, périodes de soldes et de fêtes, ouvertures et fermetures, moments de forte affluence où le personnel est absorbé par la caisse.
  • Les moments exposés : remontées de caisse, inventaires, livraisons sur les réserves, sortie des salariés en horaires décalés.

Ce que fait concrètement un agent en magasin

PosteCe qu’il empêcheQuand il est le plus rentable
Arrière-caisse (sortie de ligne de caisses)Non-passages en caisse, articles dissimulés, sorties par la ligne « sans achat »Grande surface, créneaux de forte affluence
Présence visible à l’entréeVol d’opportunité, qui représente la majorité des casBoutique de centre-ville, samedis, soldes
Rondes en surface de vente, en tenue ou en civilVol organisé sur les rayons sensibles, repérage des auteurs habituelsRayons à forte valeur, fins de journée
Réserve et livraisonsVol interne, écarts de réception, marchandise « oubliée » aux quaisLivraisons, inventaires, remontées de caisse
Ouverture, fermeture, accompagnementAgressions à la fermeture, vols à l’ouverture, sécurité des salariés jusqu’au parkingHoraires décalés, galeries, zones commerciales isolées

Dans tous ces postes, l’appui aux équipes est une mission à part entière : vos vendeurs ne sont pas là pour affronter un voleur ni un client agressif. L’agent prend ce rôle, ce qui les protège physiquement et juridiquement — un salarié qui interpelle sans cadre expose l’enseigne.

Dimensionner par créneaux, pas en heures pleines

La bonne question n’est pas « combien d’heures d’agent », mais « à quels moments et sur quelles zones ». Une boutique de centre-ville obtient souvent l’essentiel du résultat avec quelques heures les samedis et pendant les soldes. Une grande surface alimentaire tient un poste fixe d’arrière-caisse sur les créneaux de forte affluence, complété par des rondes sur les rayons à forte valeur. Une galerie marchande mutualise un dispositif entre enseignes, avec un accent sur les incivilités et la sécurité des salariés à la fermeture. Dans tous les cas, l’alternance imprévisible entre tenue visible et tenue civile est ce qui fonctionne le mieux : l’uniforme dissuade l’opportuniste, le civil constate l’organisé.

Un agent en magasin peut proposer une inspection visuelle du sac, que le client est libre de refuser ; il ne fouille jamais sans consentement. Il ne contrôle pas d’identité. Il ne peut retenir une personne que dans le cadre strict du flagrant délit constaté (article 73 du Code de procédure pénale), pour la remettre sans délai aux forces de l’ordre, sans fouille ni interrogatoire. Dans le doute, la consigne est de laisser partir : la vidéosurveillance et la description permettent une plainte, tandis qu’une appréhension abusive coûte bien plus qu’un article. Le détail est dans notre guide palpation, fouille, inspection visuelle.

La vidéosurveillance complète l’agent : elle ne dissuade pas grand-chose seule, mais elle constitue la preuve. L’agent constate, la caméra documente. Chaque incident fait l’objet d’un rapport écrit, exploitable en interne, auprès de votre assureur et en cas de suites judiciaires.

Mesurer le résultat

Un dispositif de prévention se juge sur le taux de démarque, avant et après, rayon par rayon, à l’aide d’inventaires tournants — pas sur le nombre d’interpellations, qui ne mesure que l’échec de la dissuasion. Les premiers effets sont visibles en deux à trois mois. Un bon indicateur secondaire est le climat en magasin : incivilités, tension à la caisse, salariés qui n’ont plus peur de fermer.

Protéger les équipes, pas seulement la marchandise

Client agressif, groupe qui s’installe, fermeture tardive dans une zone commerciale déserte : la sécurité des salariés est devenue une demande aussi fréquente que la démarque. Un agent présent aux heures sensibles, des consignes claires sur qui appelle qui, et un accompagnement jusqu’au parking changent le quotidien des équipes — et réduisent l’absentéisme et le turnover que ces situations provoquent.

Sources et textes de référence

Rédigé par l'équipe LG Sécurité

Société de sécurité privée à Chalon-sur-Saône, sous la responsabilité de Richard Le Goff, président. Ce guide est informatif et ne remplace pas une étude de votre situation : décrivez-nous votre besoin, nous vous répondons sous 24 h ouvrées.

Qui sommes-nous

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande après ce guide.

Des réponses courtes, à lire avant de nous appeler. Si la vôtre n'y est pas, posez-la nous : nous répondons sous 24 h ouvrées.

Un agent en civil est-il plus efficace qu’en uniforme ?

Ils ne servent pas à la même chose. L’uniforme dissuade le vol d’opportunité, qui représente la majorité des cas ; le civil permet de constater le vol organisé, dont les auteurs repèrent instantanément un agent en tenue. La combinaison la plus efficace alterne les deux de façon imprévisible.

Peut-on mutualiser un agent entre plusieurs boutiques d’une galerie ?

Oui, c’est fréquent : un dispositif partagé entre enseignes, centré sur les flux, les incivilités et la sécurité des salariés à la fermeture. Le coût est réparti, et l’agent connaît l’ensemble de la galerie. Chaque enseigne garde des consignes propres pour ses rayons sensibles.

L’agent peut-il consulter la vidéosurveillance ?

Oui, s’il est habilité par l’exploitant et dans le respect des règles applicables aux images (finalité, durée de conservation, information des personnes). La vidéo sert à la levée de doute et à la preuve ; elle ne remplace pas la présence sur la surface de vente.

Que faire face à un voleur qui refuse de s’arrêter ?

Ne pas poursuivre sur la voie publique ni s’exposer : noter la description, l’heure, la direction, préserver les images, et déposer plainte. Une poursuite dégénère en agression ou en accident bien plus souvent qu’elle ne récupère la marchandise.

Combien de temps pour voir un effet sur la démarque ?

Deux à trois mois en général, mesurés par des inventaires tournants sur les rayons sensibles. L’effet est plus rapide sur le vol d’opportunité, plus lent sur le vol organisé et le vol interne, qui demandent aussi un travail sur les procédures.

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